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Le peuple Canin

Le peuple Canin

Ce blog a pour objectifs la rencontre de chiens pour contribuer à leur socialisation (à leurs congénères et à l'humain) et au partage d'un moment agréable avec son animal. Les promenades proposées sont gratuites et annoncées quelques semaines avant chaque balade.


Le jeux de groupe en refuge pour chiens

Publié par Mathieu sur 7 Mai 2015, 15:17pm

Catégories : #Education, #Jeux, #Adoption

Voici une traduction "maison" d'un article (voir lien) sur le jeu de groupe en refuge pour chien.

 

Merci à Stéphanie Michenaud (affinités animales) pour m'avoir fait connaître l'article dans sa version originale.

 

Information préalable : Certains morceaux de phrases sont adaptés de l’anglais vers le français pour une meilleure compréhension. Le sens du message est resté mais certains mots ne sont pas traduits tels quels.

 

Jimmy ne le savait pas, mais il a eu une sentence de mort suspendue sur sa tête. Le torse en tonneau, des parasites, les oreilles coupées pour le look féroce, il avait échoué à un test de tempérament chien-à-chien à Rochester Animal Services, un refuge de la ville qui a un taux d’admission élevé. Mais ce matin ensoleillé dans l'État de New York, Jimmy a obtenu une deuxième chance. Il a été escorté près de la cour de jeu du refuge, où environ 20 chiens étaient en train de s’amuser, de courir et sauter les uns sur les autres, en prenant des pauses pour se rafraîchir dans une pataugeoire en plastique.

 

Jimmy se pencha et lécha le bénévole. Ensuite, le mélange Pit-Bull a été libéré dans un enclos, où il a été réuni avec sa sœur.

 

Les pompiers les avaient trouvé déambulant dans les rues de la ville et les ont porté au refuge. Le frère et la sœur se sont reniflés. Un bénévole a libéré un mâle non castré dans la cour. Jimmy n'a montré aucun signe d'agression. Museau retiré de côté, il se tenait tranquillement pendant que le chien jouait à sauter sur son dos. Après avoir batifolé dans la grande cour avec le reste des chiens, Jimmy a été considéré comme un gentil garçon. Quelques jours plus tard, il a été adopté.

 

"Beaucoup de chiens dans les refuges sont diagnostiqués à tort comme chien agressif», explique Aimee Sadler, fondateur de Dogs Playing for Life (DPFL) – Le chiens jouent pour la vie », un programme qui utilise les jeux de groupe pour défouler, socialiser, évaluer, former/éduquer et sauver autant de chiens que possible. "Mon premier objectif est de former/éduquer des chiens de manière efficace, et ensuite les sortir du refuge le plus rapidement possible", a dit Sadler crûment. " Le comportement des chiens se détériorent quand ils ont été dans un refuge trop longtemps." (Note personnelle : Tout dépend du refuge…).

 

Il y a un mouvement de réforme en cours pour améliorer la qualité de vie des animaux dans les refuges et les jeux de groupe revêtent une importance cruciale dans cette optique, dit Natalie DiGiacomo, directrice du refuge de la Humane Society des États-Unis. "Jouer enrichit la vie des chiens et réduit le stress de sorte que leurs vraies personnalités se dévoilent,"  dit-elle.

 

Que ce soit une girafe anxieuse dans un zoo, un chien ou un chat stressé dans un refuge, apporter un certain type d'enrichissement  (note personnelle : enrichissement environnemental, social,…) est essentiel pour le bien-être des animaux en captivité, dit Vint Virga, DVM, auteur de The Soul of All Living Creatures: What Animals Can Teach Us About Being Human (Crown, 2013.)  « Le concept de « Chiens qui jouent pour la vie » est merveilleux», dit Virga, qui a travaillé avec les chiens et les chats avec des problèmes comportementaux et est actuellement consultante comportementale pour des zoos et des parcs sauvages animaliers. "Il donne aux chiens la possibilité d'avoir plus d'interactions sociales et de d’apprendre/de pratiquer un comportement de jeu approprié dans un environnement contrôlé."

 

Les chiens ont besoin à la fois de jeu « chien-chien » et de jeu « chien-humain », observe Virga. Les deux ont des objectifs différents. "Si vous essayez de faire uniquement de l'enrichissement « chien-humain », vous n’êtes pas près d'offrir ce que les chiens peuvent offrir à d’autres chiens. Malgré tous nos essais, nous ne comprenons toujours pas les nuances des mouvements de queues, les signaux et les comportements des chiens, qu'ils soient en train de courir, de se battre ou avec un air fringant (fière allure). "Et tandis que beaucoup de chiens seront heureux d’aller chercher un frisbee pour nous, le jeu « chien-chien » est moins axé sur le focus d’un objet, il est plus rugueux/tumultueux dit Virga (Note personnelle : Pour le chien, jouer avec un congénère a une notion moins contraignante dans le sens « besoin de concentration/d’attention pour répondre à une attente du maître ». Dans cet exemple, « contrainte d’aller chercher le frisbee en opposition à la liberté de jouer sans objet  - et avec un membre de son espèce -).

 

Sadler, elle aussi, possède une vaste expérience de travail avec les animaux domestiques et sauvages, y compris un travail de formateur « d’animaux acteurs »  pour l'American Humane Association et  de formateur d’animaux pour la télévision et les clips vidéos. Sadler dit qu'elle a passé plus de 25 ans en interaction avec des chiens, des chevaux, des mammifères marins et  des animaux sauvages pour développer  le concept « Les chiens jouent pour la vie ».

 

Pourtant, Sadler n'a pas pour but de devenir un gourou des jeux de groupe en refuge. Elle a d’abord travaillé comme dresseur de chiens privé quand un client l'a embauché pour entrainer des chiens au refuge Animal Southampton à Hampton Bays, NY. Elle avait trois heures pour travailler avec 25 chiens.

 

« Je pensais…Quel est le moyen le plus efficace pour les aider à obtenir tous leurs « Ya-yas out » (Note personnelle : expression anglaise qui fait référence aux sensations fortes. Dans ce contexte, faire exulter toutes leurs sensations/l’énergie – référence à une chanson des Rolling stones) de telle sorte qu'ils seront mieux préparés pour leur session d'apprentissage », se souvient Sadler. Elle a décidé de les laisser d’abord jouer ensemble dans la cour du refuge. Non seulement elle a réussi l’entrainement, mais les chiens étaient plus tranquilles et plus calmes quand ils sont retournés au refuge.

 

Sadler a déménagé à Longmont, Colorado., en 2005 et a continué les jeux de groupe dans un refuge beaucoup plus grand, la Longmont Humane Society. Il a fallu attendre qu'elle commence à recevoir des commentaires enthousiastes de personnel du refuge pour qu'elle réalise pleinement le potentiel du programme. «Les gens ont été inspirés. Cela a été inestimable dans la stimulation du changement. Ça leur a permis de voir par eux-mêmes, au lieu d'essayer de les convaincre moi que ce que je faisais était correct."

 

La réputation de Sadler a grandi, et elle a commencé à raconter ses expériences lors des grandes conférences sur le bien-être animal. Elle a rencontré les directeurs de refuges qui essayaient de réduire leur taux d'euthanasie et a embauché Sadler pour former leur personnel et les bénévoles afin de commencer les jeux de groupe. De nombreux refuges qui ne pouvaient pas se permettre de se payer les services de Sadler ou le coût (d’une construction) d'une cour de jeu ont reçu des subventions de la Fondation Farm Animal de Bangall, NY, un organisme à but non lucratif qui a plaidé pour le traitement humain des chiens de type Pit Bull depuis près de 30 ans.

 

Un programme de « Les chiens jouent pour la vie » commence avec une présentation en classe sur la  théorie qu’on retrouve derrière le jeu (note personnelle : implications, effets, conséquences,…). Ensuite, ils vont dans la cour de jeu pour une session de formation pratique. Runners apporte les chiens du chenil dans la cour et selon les instructions du programme (de Sadler), déplace les chiens d'une cour à l'autre si la chimie ne fonctionne pas (entre les chiens).

 

Décider quels chiens vont bien jouer ensemble est un art, pas une science. "Nous prenons des décisions en fonction de leur langage corporel et de la façon dont les chiens réagissent entre eux dans la cour», dit Sadler. «J’observe les chiens pour apprendre beaucoup de choses sur les autres. On nous envoyait tous les chiens qui avaient besoin de résoudre un problème de communication/besoin de suivre le programme et ensuite on les renvoyait à l’adoption[1]". Parce que de nombreux refuges reçoivent de nouveaux chiens tous les jours, le personnel doit museler un chien s’il y a une préoccupation quant au comportement agressif d’un chien qu’on introduit dans une cour de jeu.

 

Les deux piliers de tout jeu de groupe efficace, dit Sadler, sont un chef de groupe humain qui est calme, confiant et prêt à être autoritaire avec les chiens, et des « aides canins » que Sadler désigne comme «rock stars», des chiens qui sont de bons communicateurs, confiants et supers sympas. Ils enseignent aux craintifs ou agressifs comment jouer, comment faire pour observer les indices (de demande de jeux) que les autres chiens donnent.

 

Le chef de groupe observe de près le jeu, tout en permettant aux chiens d'être des chiens – en d’autres mots, de les laisser travailler sur des querelles mineures par eux-mêmes/entre-eux (sans intervention humaine) - . Se grandir, montrer les dents et faire se hérisser les poils sont tous des moyens appropriés en leur genre dans la communication canine, dit Sadler. Le leader ne doit intervenir que s’l y’a des signes clairs d'agression. "Vous observez pour voir la manière dont un chien répond à un stimulus (posture de communication) à un autre chien," explique-t-elle. "Vous êtes en train de regarder comment ils réagissent aux signaux sociaux des autres chiens." S’il devait jouer un vilain tour, le chef de groupe est bien préparé. Il ou elle porte une ceinture de bricoleur approvisionné avec un vaporisateur rempli, une boîte de pièces de monnaie et une corne à air, tous les appareils pour distraire un chien errant.

 

Tous les professionnels de la protection animale n’adoptent pas cette approche, mais Sadler est inébranlable et souligne que les corrections sont aussi nécessaires que le renforcement positif. "Je pense qu'il y’a une peur irrationnelle de l'utilisation des corrections qui fera des dommages aux animaux. Quand je regarde des animaux communiquer, ils corrigent l'autre tout le temps, de manière efficace, sans dommages causés. Nous utilisons une récompense pour les comportements que nous voulons favoriser, l'aversion pour les choses que nous voulons diminuer ".

 

Certains administrateurs des refuges sont terrifiés à l’idée qu’il puisse y avoir des combats de chiens. Sadler aborde la question directement: « Si vous faites de la cour de jeu une base quotidienne, vous aurez des altercations. Cela fait partie du travail avec les animaux». Elle souligne que, sur une période de sept ans à Longmont, les blessures sur des chiens et des gens ont été minimes. Une fois qu’un refuge décide de mettre des jeux de groupe quotidiens, Sadler et son équipe peuvent revenir pour une formation plus avancée.

 

Mike Fry, directeur exécutif de l'Arche Animal Shelter, un refuge sans euthanasie à Hastings, Minnesota., était en avance sur le concept de « cour de jeu ». Son personnel le pratiquait déjà avec un petit nombre de chiens depuis des années. Mais après avoir entendu parler plusieurs fois Sadler et regardé ses vidéos, il a décidé qu'il avait besoin de «voir plus grand." Depuis deux ans, Animal Ark a commencé les « grandes cours de jeu », et les résultats ont été spectaculaires, dit Fry.

« Les chiens qui se montrent agressif derrière les barreaux d’un refuge, qui aboient quand les gens ou les chiens passent près leur cage, ne sont pas agressifs lorsqu’ils jouent dans un environnement naturel. Les chiens qui ne sont pas bien socialisés aux personnes apprennent en regardant les autres chiens interagir avec les gens dans la cour de jeux. Les chiens apprennent mieux à partir d'autres chiens. "

 

Les jeux de groupe permettent aussi d'économiser de l'argent et de limiter la main-d'œuvre. Au lieu d’avoir une personne va promener un chien, vous avez quelques personnes, souvent des bénévoles, s’occupant de beaucoup de chiens en même temps. "Une promenade en laisse est très restrictif pour un chien», dit Fry. "Comparez cela à 12 chiens qui s’amusent, courent, roulent et sautent les uns sur les autres. Vous utilisez moins de ressources et obtenez de meilleurs résultats, ce qui est ce que tous les organismes sans but lucratif devraient s'efforcer de faire ".

 

Les jeux de groupe ont abouti à une augmentation des taux de libération direct (adoptions et des chiens pris en famille d'accueil), une tendance qui profite au bien-être animal dans l'ensemble, dit Kristen Auerbach, directrice de la communication et de la sensibilisation du refuge du comté de Fairfax, en Virginie. Merci pour ses jeux de groupe, que Sadler a aidé à démarrer l'année dernière. Fairfax était capable de s’occuper de plus de chiens dans un court espace de temps et avait plus de place  pour prendre  de nombreux autres chiens provenant de refuges de la région. Fairfax a également été en mesure de réduire sa dépendance envers les groupes de sauvetage de 50 %, libérant du temps pour sauver des chiens amenés d'autres refuges.

 

Depuis que les jeux de groupe ont commencé, Auerbach dit qu'elle a hâte d’être le samedi (jour de visite pour les adoptants potentiels), où le public est invité à visiter le refuge. "Quand les gens vont au chenil, ils se sentent tristes. Ils essaient de ne pas pleurer ", dit-elle. «Quand ils vont à la cour de jeu, ils rient et sont excités. Beaucoup de gens retournent à la maison avec un nouveau chien – Un chien qui peut-être n’aurait pas été remarqué dans le chenil. Ils ne sont pas très beaux, peut-être qu'ils sont plus âgés, mais ils sont adoptés sur la base de la personnalité, et voilà ce que nous voulons. "

 

SOURCE : http://thebark.com/content/shelter-play-groups

Shelter Play Groups -  Enriching lives and reducing stress for dogs in shelters By Donna Jackel

 

[1] Traduction personnelle de cette phrase en anglais : Any dogs who need smoothing out, we send away and then circle back to them. J’ai gardé le sens de la phrase mais en choisissant des mots parfois différents 

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De Kerpel 10/05/2015 21:01

Je viens de lire le dernier article de votre blog.Je suis à cent pour cent pour ce principe que peu de refuges belges pratiquent.Au refuge "sans famille" de Dinant ou j'ai travaillé qq. années quasi ts. les chiens sont en liberté.Il y parfois qq. prise de bec(ou de gueule) mais très très peu de réelle bagare avec blessure.Je trouvais(entr'autre) agréable lorsque j'arrivais là toute une meute de 10-20
chiens qui venaient me saluer.Par contre petit inconvéniant: lorsque l'on travaille dehors à qq. chose on avait tjs. des chiens ds. les pieds(lol) J'ai dailleurs adopté 3 chiens pdt. cette période.
Pour raisons personnelles je ne sais plus y faire de bénévolat mais je rend encore régulièrement visite.

Mathieu 11/05/2015 09:31

Bonjour et merci pour votre commentaire.

J'avais effectivement vu sur le site du refuge "Sans famille" qu'ils étaient/sont en groupe. C'est une excellente chose tant qu'on s'assure de la bonne entente dans le groupe.

Félicitations pour votre bénévolat.

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